Loi de simplification adoptée : ce qui change officiellement pour vos baux commerciaux

Loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique : ce qui change officiellement pour vos baux commerciaux

La loi de simplification de la vie économique a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 14 avril 2026 et promulguée le 26 mai 2026. Si l’objectif affiché reste l’allégement des contraintes pour les entreprises, le texte final présente des ajustements majeurs par rapport aux premières discussions de 2025.

Chez CBRE Desaulles & Associés Colmar, nous avons décrypté la version finale de la loi pour vous présenter les mesures concrètes qui entrent en vigueur.

 

  1. Taxe foncière : le maintien de la refacturation

C’est le revirement majeur du texte final : contrairement au projet initial, la loi de simplification ne mentionne finalement plus l’interdiction de refacturer la taxe foncière. Ce qui change : Rien pour l’instant. Le bailleur peut toujours prévoir la refacturation de la taxe foncière au locataire dans le bail. Impact : Une stabilité pour les bailleurs, même si le sujet reste sous surveillance suite au dépôt d’autres propositions de loi visant à limiter cette refacturation à 50 %.

 

  1. Droit au loyer mensuel : une demande sous conditions

La mensualisation du loyer est désormais un droit pour les commerçants et artisans, mais le texte final apporte une précision importante : l’absence d’impayés. Ce qui change : Le paiement mensuel est de droit si le preneur en fait la demande, à condition qu’il soit à jour dans le paiement de ses loyers et charges. Impact : Une gestion de trésorerie facilitée pour les locataires vertueux, et une protection maintenue pour les bailleurs face aux retards de paiement.

 

  1. Plafonnement et restitution des garanties locatives

Le texte encadre plus strictement les sommes immobilisées. Le cumul des garanties (caution, garantie bancaire, etc.) ne peut désormais plus excéder un trimestre de loyer. Ce qui change :  Les garanties sont limitées à 3 mois de loyer.

  • En cas de fin de bail, le dépôt de garantie doit être restitué sous un délai maximal de 3 mois après la remise des clés.
  • En cas de vente des murs, l’obligation de restitution est automatiquement transmuée au nouveau propriétaire. Impact : Une libération de trésorerie pour les preneurs et une procédure plus claire lors des mutations d’actifs.

 

  1. Droit de préférence : des exceptions notables

La loi simplifie les cessions en excluant certains cas du droit de préférence du locataire (le droit d’acheter les murs en priorité si le propriétaire vend). Ce qui change : Le droit de préférence ne s’applique plus lors de ventes « en bloc » (immeubles comprenant plusieurs locaux) ou lors de ventes globales de portefeuilles immobiliers. Impact : Une plus grande fluidité pour les investisseurs lors de l’arbitrage de portefeuilles immobiliers complexes.

 

  1. Sécurisation des clauses d’indexation

La loi valide enfin la pratique des clauses d’indexation « tunnel », qui limitent les variations de loyer entre un plancher et un plafond. Ce qui change : Ces clauses ne peuvent plus être annulées au motif qu’elles ne varient qu’à la hausse, apportant une sécurité juridique totale aux baux qui en sont équipés.

 

Cette loi « de simplification » apporte des avancées sur la gestion des garanties et des loyers, mais elle maintient une certaine complexité contractuelle. Pour les propriétaires, la vigilance reste de mise sur la rédaction des clauses de charges et d’indexation. Pour les locataires, de nouveaux leviers de trésorerie sont désormais activables.

Nos équipes accompagnent bailleurs et preneurs dans la mise en conformité de leurs contrats et l’optimisation de leurs stratégies immobilières face à ce nouveau cadre légal.